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Bonjour et Bienvenue à tous sur mon blog consacrée à la dernière Reine de France, Marie Antoinette d'Autriche-Lorraine. Vous trouverez ici des informations concernant sa personnalité, son enfance, ses lieux de vie, ses proches, ses activités, l'ensemble replacé dans son contexte historique. Je tiens à préciser que tous les éléments de ce blog sont issus de recherches dans des ouvrages écrits au préalable par des historiens spécialisés. Merci de votre visite et à bientôt je l'espère. Remerciement particulier à Jeremy Fontaine ainsi qu'à Pimprenelle du forum Maria-Antonia (http://maria-antonia.justgoo.com/) pour leurs magnifiques photographies. Pour me contacter, écrivez à l'adresse suivante : flavie76@wanadoo.fr
Ce blog est réalisé par une passionnée d'histoire. Copyright et textes par Flavie L'Eden de la Reine "Lieu de délices, orné surtout par la nature, où l'on vit dans l'innocence et la simplicité" (Trésor de la Langue Française) Quelques vues du jardin idyllique de Marie-ntoinette au Petit Trianon...
Samedi 25 Octobre 2008Poster un commentaire
La jeunesse viennoise L'archiduchesse Marie-Antoinette par J. Ducreux (1769)
Marie-Antoinette est confiée à ses gouvernantes ("ayas"), Mme de Brandeiss puis Mme de Lerchenfeld, pour être éduquée selon le guide du couple impérial appelé Fürstenspiegel ("Miroir du prince"). Les gouvernantes doivent encourager les talents des enfants royaux, être à leur écoute, les aider à former leur propre caractère. L'éducation des filles consiste surtout à lui enseigner la danse, le maintien, la musique, le chant, la peinture, le dessin, dans le but leur apprendre à participer à des cérémonies. Le professeur de peinture et de dessin était Gabrielle Beyer-Bertrand. Les créations des enfants (aquarelles, gouaches, encre de Chine...) étaient assez souvent réussies et affichées dans la château comme dans le cabinet de porcelaine ou la cabinet des Miniatures. Les maîtres de musique étaient également prestigieux : Gluck, Wagenseil, Jospeh Stephan, Johann Adolph Hasse, deux anglaises (Marianne et Cecilia Davies) pour le clavecin ou l'harmonica. Marie-Antoinette était douée en dessin et musique : elle dessine notamment son père et une tête d'ange et joue admirablement bien de la harpe avec l'aide Jospeh Hinner. Elle exprime aussi un certain talent en danse, avec une grâce incontestable, une démarche aérienne et un magnifique port de tête. Son professeur était le français Jean-George Noverre, auteur de Lettres sur la danse et sur les ballets.
Les enfants de Marie-Thérèse dansant le ballet-pantomime "Le triomphe de l'Amour" de Franz Hilverding et Leopold Florian Gasmann Cette éducation vise aussi à les rendre docile, à leur inculquer l'obéissance : "Elles sont nées pour obéir et doivent apprendre en temps voulu à le faire" (Marie-Thérèse). Pour cela, les professeurs utilisaient le texte de Fénélon appelé Aventures de Télémaque, dans lequel on vante les femmes modestes, disciplinées et soumises. Cependant, Marie-Antoinette manifeste et manifestera toujours une hostilité pour l'éducation et l'enseignement autre qu'artistique. Cela est dû d'abord au fait qu'elle se sentait inférieure à l'une de ses soeurs qui était autoritaire et favorite de leur mère, Marie-Christine. Celle-ci répondait parfaitement aux critères éducatifs et Marie-Antoinette la craignait, de même que sa mère : "J'aime l'impératrice, mais je la crains quoique de loin ; même en lui écrivant je ne suis pas à l'aise avec elle" (Marie-Antoinette). Mais c'est surtout à son caractère et non à ses soi-disantes incapacités intellectuelles qu'est dû son échec en matière de pédagogie : elle n'arrive pas à se concentrer, est légère, veut sans cesse jouer, se rebelle. Elle s'amuse avec sa soeur Marie-Caroline, bavarde, rigole... Elle séduit ses éducateurs qui cèdent et ne la forcent pas à travailler autant qu'il le faudrait. D'abord Mme de Brandeiss, au lieu de l'obliger à faire des efforts, rédige pour elle ses devoirs qu'elle rend à l'impératrice ou écrit les textes au crayon qu'Antoine repasse ensuite jusqu'au jour où Madame Antoine se voit forcée d'écrire devant sa mère. Celle-ci constate avec désolation qu'elle ne sait rien : ni écrire, ni lire correctement, ni bien parler le français, l'allemand et l'italien, ni des connaissances de culture générale. Pour couper cours à cela, l'impératrice sépare les deux soeurs puis renvoie Mme de Brandeiss. Elle souhaite en effet préparer se fille à devenir dauphine puisqu'elle envisage déjà de la marier à Louis-Auguste, dauphin de France. Pour cela, elle fait appel à Choiseul, "organisateur" français du mariagr pour qu'il lui fournisse un homme capable de réhausser l'éducation de la future dauphine de France. C'est l'abbé de Vermond, "instruit, simple et modeste", docteur en Sorbonne, bibliothécaire, qui devient son précepteur. Il plaît à l'impératrice et à l'élève mais constate vite ses difficultés, tout en remarquant chez elle une certaine intelligence et vivacité de la pensée :
"Elle a plus d'esprit qu'on en lui en a cru pendant longtemps. Malheuresement cet esprit n'a été accoutumé à aucune contention jusqu'à douze ans. Un peu de paresse et beaucoup de légèreté m'ont rendu son instruction difficile. J'ai commencé pendant six semaines par des principes de belles-lettres. Elle m'entendait bien lorsque je lui présentais des idées tout éclaircies ; son jugement était presque toujours juste, mais je ne pouvais l'accoutumer à approfondir un objet, quoisue je sentisse qu'elle en était capable. J'ai cru voir qu'on ne pouvait appliquer son esprit qu'en l'amusant" (abbé Vermond).
Vendredi 04 Juillet 2008Poster un commentaire
Le Lever et le Coucher de la Reine
Lit de Marie-Antoinette à Versailles
Les cérémonies de bienséance commencent dès le matin avec le "Lever de la Reine" au cours duquel celle-ci était habillée et faisait sa toilette en public, c'est à dire devant les femmes de haut rang de la cour. Elles disposent alors des "grandes entrées". Les "petites entrées" sont réservées à certains serviteurs spécifiques comme les médecins, les valets de chambre ou encore le lecteur... "Je me lève à dix heures ou à neuf heures ou à neuf heures et demie, et m'ayant habillée, je dis mes prières du matin, [...]. A midi, on appelle la chambre et là tout le monde peut entrer, ce qui n'est point de communes gens. Je mets mon rouge et lave mes mains devant tout le monde, ensuite les hommes sortent et les dames restent et je m'habille devant elles." (Marie-Antoinette, lettre du 12 juillet 1770 à sa mère). A cette époque, le protocole versaillais est beaucoup plus strict que celui de Vienne dans lequel Marie-Antoinette a été élevée. Elle a du mal à s'y soumettre et à accepter toutes ces règles qu'elle ne comprend pas et qui lui pèsent. Une scène est restée particulièrement célèbre. Au cours du lever, Marie-Antoinette était déshabillée et s'apprêtait à recevoir ses vêtements des mains de la première dame d'honneur. Au moment où celle-ci retirait ses gants, une princesse du sang, la duchesse d'Orléans, arriva. De rang plus élévé, elle a préséance sur la première dame d'honneur. Elle commence alors à retirer aussi ses gants pour tendre les dessous à la dauphine, lorsque la comtesse de Provence, appartenant à la famille royale, se présente. Elle s'empare des vêtements, qu'elle tend (enfin!) à Marie-Antoinette, après avoir biensûr retiré ses gants. La dauphine est restée nue pendant tout ce temps, c'est pourquoi, impatiente et outrée, elle s'exclame : "C'est odieux ! Quelle importunité !". "Le Coucher" avait lieu entre 22h et 23h, et obligeait la Reine à se faire solennellement déshabiller avant de se mettre au lit. Tenir le bougeoir de la Reine était un des plus grands honneurs.
Vendredi 04 Juillet 2008Poster un commentaire
Les repas
Le petit-déjeuner royal est donné dans la chambre des souverains, en privé. La matin, Marie-Antoinette boit du café ou du chocolat, accompagné d'un petit pain rond traditionnel d'Autriche, qui ressemblait à un croissant ou une brioche ou d'un pain de seigle. Parfois, elle prend du lit d'ânesse, de vache avec de l'eau d'orge, du petit-lait avec décoctions de laitue pour se fortifier. Aux dires de Madame Campan, ce premier repas de la journée est celui que la souveraine préfère. "Après la messe, nous dînons à nous deux devant tout le monde, mais cela est fini à une heure et demi, car nous mangeons fort vite tous les deux" (Marie-Antoinette, lettre du 12 juillet 1770 à sa mère) Le déjeuner du midi, appelé Petit Couvert, été servi à 13h, après la messe. Les souverains déjeunent ensemble, en public. Le grand Chambellan présente et énumère les plats et ceux-ci sont servis en même temps. Il y a 3 services, qui comptent chacun 5 à 7 plats avec viandes, poissons, légumes, gâteaux et confiseries. Les souverains que sont Louis XVI et Marie-Antoinette marquent leur différence au moment du repas : Louis XVI mange avec appétit tandis que Marie-Antoinette touche à peine aux plats : Elle préfère déjeuner en privé dans ses appartements. Elle apprécie en particulier les volailles bouillies ou rôties, ainsi que les poissons (sauf le maigre) et pâtés. Son plat préféré était d'ailleurs la canette. Elle apprécie également les fruits (fraises...), les oeufs, le fromage (notamment ceux de Trianon). Elle avait un petit faible pour les sucreries : chocolat sous différentes formes (à la vanille, au cassis...), biscuits, verres d'eau sucrée, fleur d'oranger... La Reine ne buvait que de l'eau apportée de la ville d'Avray par des voitures et dans des bouteilles en étain. Elle ne supportait pas celle de la Seine. "A neuf heures, nous soupons, et quand le roi [Louis XV] n'y est point, mes tantes viennent souper chez nous, mais quand le roi y est, nous allons après souper chez elle." (Marie-Antoinette, lettre du 12 juillet 1770 à sa mère) D'après la bienséance, pas toujours respectée par Louis XV et Louis XVI, qui mangent parfois en privé, le dîner du soir se déroulait dans l'antichambre du roi ou de la reine en présence de tous les courtisans qui le désirent à condition qu'ils portent une épée et une tenue décente : il s'agit du Souper ou Grand couvert. Le Roi et la Reine dîne en public, devant les princesses, duchesses (assises) et autres dames (debout) et en musique. Au moment de l'annonce du dîner, l'huissier de salle mobilise un garde du corps du roi. Avec eux, le "chef du gobelet" apporte à table la nef (pièce d'orfévrerie refermant des serviettes et des coussins de senteurs) et d'autres apportent le reste des couverts. L'huissier se rend ensuite à la "bouche" où sont cuisinés les plats. Il se rend ensuite à la salle de repas. Derrière lui, le maître d'hôtel, et les gentilshommes servant les plats entrent. Le plat est alors pris en charge par le gentilhomme "de prêt". Chaque plat est "protégé" par trois gardes armés. Les gentilshommes servants goûtent les plats qu'ils portent puis les déposent sur la table royale. Les membres de la famille royale peuvent alors se servir. Au cours de repas, d'autres gentilshommes apportent à leur boire lorsqu'ils le désirent. Les plats étaient présentés à la Reine par sa première dame d'honneur (la comtesse de Noailles), qui se mettait à genoux assistée par 4 dames du palais. Lors des grandes occasions, les membres de la famille royale mangent ensemble. Les discussions lors du repas étaient quasi inexistantes et souvent entretenues par l'intarissable comte d'Artois. Lors de journées normales, chacun mange dans ses appartements privés.
Tags associés : repas
Mercredi 02 Juillet 2008Poster un commentaire
Représentation perpétuelle et bienséance
Marie-Antoinette en grand costume de cour, E.L Vigée-Lebrun A son arrivée en France, la jeune dauphine prend très vite conscience des différences considérables qui existent entre la cour versaillaise et la cour dont elle vient, la cour autrichienne. Dès la traditionnelle "remise" à la frontière franco-autrichienne, elle comprend que la rigidité de la bienséance est totale à Versailles, cour réputée comme étant la plus dure, la plus critique et la plus rigoureuse. Sa première dame d'honneur, la comtesse de Noailles, est chargée dès son arrivée de lui "enseigner" les différentes règles de la cour et de faire en sorte qu'elle soit bien élevée selon les rituels. Elle les lui inculque difficilement, puisqu'elle ne lui explique pas l'intérêt de l'Etiquette et que la jeune princesse a toujours vécu avec des contraintes assez souples en Autriche, dans un cadre familial agréable. Très vite, Marie-Antoinette la surnomme "Madame l'étiquette" et tente de fuir sa présence. La bienséance est rude et impose à la famille royale des journées codifiées : "Avec un almanach et une montre, on pouvait à trois cents lieues d’ici dire ce qu’il faisait" (Saint-Simon). Les princes et princesses royaux ne sont pas libres d'agir à leur guise et doivent respecter un certain nombre d'usages pour imposer leur modèle monarchique au peuple et aux courtisans. "Les peuples sur qui nous régnons, ne pouvant pénétrer le fond des choses, règlent d'ordinaire leur jugement sur ce qu'ils voient au dehors, et c'est le plus souvent sur les préséances et les rangs qu'ils mesurent leur respect et leur obéissance". (Louis XIV). Voilà qui explique parfaitement le rôle de la bienséance, qui n'a jamais été appris explicitement à Marie-Antoinette. De plus, petite princesse abandonnée à la France à quinze ans, Elle éprouve un mal-être loin de sa famille et de sa patrie, ce qui rend d'autant plus difficile son intégration.
Tags associés : versailles, representation, perpetuelle
Mercredi 02 Juillet 2008Poster un commentaire
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